Surveiller la qualité de l’air près de chez soi

Surveiller la qualité de l’air près de chez soi permet de mieux comprendre son exposition quotidienne aux polluants et d’adapter ses comportements.



Surveiller la qualité de l’air près de chez soi permet de mieux comprendre son exposition quotidienne aux polluants et d’adapter ses comportements (aération, activité physique, chauffage, déplacements).

Même dans des pays où les émissions ont diminué, l’exposition aux polluants atmosphériques reste fréquente et peut varier fortement selon le trafic, la météo, la saison ou la proximité de sources locales (routes, chantiers, chauffage au bois).

Quels polluants suivre en priorité ?

Les autorités sanitaires et environnementales mettent en avant plusieurs polluants clés :

  • Particules fines (PM2.5 et PM10) : issues notamment du trafic routier, du chauffage, de l’industrie et des incendies. Les PM2.5 pénètrent profondément dans les poumons et sont associées à des effets cardio-respiratoires et à un risque accru de cancer du poumon.

  • Dioxyde d’azote (NO₂) : surtout lié aux moteurs thermiques (diesel/essence). Il irrite les voies respiratoires et aggrave l’asthme.

  • Ozone (O₃) : se forme en été sous l’effet du soleil à partir de polluants précurseurs (NOx, COV). Il peut provoquer toux, essoufflement et diminution de la fonction pulmonaire.

  • Composés organiques volatils (COV) et benzène : émis par carburants, solvants, certaines activités industrielles.

  • Pollution intérieure (à ne pas négliger) : fumée de tabac, cuisson au gaz, bougies/encens, produits ménagers, moisissures.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié en 2021 des lignes directrices actualisées fixant des niveaux recommandés plus stricts pour plusieurs de ces polluants, en raison de preuves scientifiques renforcées sur leurs effets sanitaires.

Comment surveiller près de chez soi ?

1) Consulter les réseaux officiels

La première étape consiste à consulter les données des réseaux nationaux ou régionaux de mesure. En Suisse, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV/BAFU) publie des informations et renvoie vers les réseaux cantonaux (p. ex. NABEL) qui mesurent en continu PM, NO₂, O₃, etc.

À l’échelle européenne, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE/EEA) met à disposition des cartes et indicateurs comparables entre pays. Ces sources sont calibrées et conformes aux méthodes réglementaires.

2) Utiliser des applications et cartes en temps réel

De nombreuses plateformes agrègent les données des stations publiques (et parfois de capteurs citoyens) pour fournir un indice de qualité de l’air localisé, mis à jour quotidiennement.

Cela permet d’éviter les activités physiques intenses lors de pics (ozone en été, particules en hiver).

3) Installer un capteur domestique (avec prudence)

Des capteurs grand public mesurent notamment les PM2.5/PM10 et parfois les COV. Ils peuvent aider à repérer des sources intérieures (cuisine, bougies, chauffage) et à optimiser l’aération.

Toutefois, les autorités rappellent que ces appareils ont des limites (étalonnage, sensibilité à l’humidité) et ne remplacent pas les stations réglementaires. Pour interpréter correctement les valeurs, il est recommandé de comparer avec les seuils OMS et les données officielles locales.

Adapter ses gestes en fonction des mesures

  • Aérer aux heures où la pollution extérieure est plus basse (souvent après la pluie ou en dehors des pics de trafic).

  • Éviter le sport intense lors d’alertes ozone/particules.

  • Réduire les sources intérieures (ventiler après cuisson, limiter bougies/encens, entretenir les appareils de chauffage).

  • Privilégier des modes de déplacement moins émetteurs et un chauffage plus propre lorsque c’est possible.

Surveiller la qualité de l’air près de chez soi ne remplace pas les politiques publiques, mais cela permet d’agir à son échelle et de réduire son exposition individuelle, en particulier pour les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies respiratoires.


 

Sources:

Organisation mondiale de la Santé (OMS) :

https://www.who.int/publications/i/item/9789240034228

OMS — 2024 — Ambient (outdoor) air pollution – Fact sheet :

https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/ambient-(outdoor)-air-quality-and-health

Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC, OMS) — 2013 — Outdoor air pollution a leading environmental cause of cancer deaths :

https://www.iarc.who.int/news-events/iarc-outdoor-air-pollution-a-leading-environmental-cause-of-cancer-deaths/

Agence européenne pour l’environnement (AEE/EEA) :

https://www.eea.europa.eu/en/analysis/publications/europes-air-quality-status-2024

Office fédéral de l’environnement (OFEV/BAFU, Suisse) — Thème Air :

https://www.bafu.admin.ch/fr/air

Réseau national d’observation des polluants atmosphériques (NABEL, Suisse)

https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/etat-de-l-air-en-suisse/mesure-de-la-qualite-de-l-air/nabel.html

https://www.facebook.com/reel/1461773708456069

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